La condensation frigorifique vise à récupérer les COV en refroidissant l'air pollué sous leur point de rosée. C'est la seule technologie de traitement des COV qui permet de valoriser le solvant récupéré, ce qui peut rendre le coût net négatif quand la concentration et la valeur du solvant sont suffisantes. L'outil prend en entrée le débit, la concentration entrante, la nature du COV et la température de condensation visée, et en déduit la consommation électrique du groupe froid, la masse de solvant récupéré, le taux d'abattement et le coût net.
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Quand l'estimation n'est plus pertinente
L'outil donne un coût net en régime stabilisé sur un cas standard. Plusieurs configurations sortent de ce cadre et imposent une analyse plus fine.
- Mélanges de COV : la condensation collecte indistinctement tous les composés sous leur point de rosée à T_cond. Le solvant récupéré est un mélange de qualité variable, dont la valorisation dépend de la séparation aval (distillation, décantation). Pour un mélange complexe, la valeur effective du solvant peut être bien inférieure à la valeur unitaire des composés purs.
- L'humidité atmosphérique condense en premier, son point de rosée étant plus élevé que celui de la plupart des COV. Sous 0 °C elle givre sur les surfaces froides, ce qui impose un dégivrage périodique et réduit la disponibilité. Au-delà de 5 g/Nm³ d'eau dans le flux, un sécheur amont (charbon actif, tamis moléculaire) ou une T_cond moins agressive sont à prévoir.
- Faible concentration entrante (en deçà de 1 g/Nm³) : la valeur du solvant récupéré ne couvre plus l'électricité du groupe froid. La condensation cesse d'être pertinente, sauf en complément d'un concentrateur amont (rotor zéolite, charbon actif suivi de désorption).
- Taux d'abattement insuffisant pour la VLE : la concentration résiduelle à T_cond reste au-dessus des seuils réglementaires (20 à 110 mg/Nm³ selon le COV). Un polissage aval (charbon actif ou oxydation) s'impose alors pour atteindre la conformité, et son coût n'est pas inclus ici.
- Pour les COV à faible point d'ébullition comme l'acétone, le méthanol ou l'éthanol, la pression de vapeur saturante reste élevée même à -50 °C. Atteindre un abattement supérieur à 90 % nécessite des températures cryogéniques (azote liquide), une autre logique économique non couverte ici.
- Concentrations très élevées proches de la LIE : au-delà d'environ 10 g/Nm³ selon le COV, on approche la limite inférieure d'explosivité du mélange air/COV. Cela impose des dispositifs de sécurité spécifiques (dilution amont, inertage à l'azote, détection LIE, conception ATEX du condenseur) qui ne sont pas couverts par cet outil.
- Les composés polymérisables ou réactifs (styrène, isocyanates) risquent de polymériser sur les surfaces froides du condenseur, ce qui dégrade les transferts thermiques et impose un nettoyage fréquent.
- Modèle Antoine extrapolé : les coefficients d'Antoine utilisés sont valides pour la plupart des COV entre -30 et 110 °C. En deçà de -50 °C, l'extrapolation introduit une incertitude qui peut atteindre 30 à 50 % sur la pression de vapeur saturante, et donc sur le taux d'abattement.
Au-delà de la condensation
La condensation est la seule technologie de traitement des COV qui permet de valoriser économiquement le polluant récupéré. Elle est très pertinente pour des flux concentrés (au-delà de 5 g/Nm³) à valeur récupérable (toluène, xylènes, hexane, MEK, acétate de butyle), mais elle ne tient quasiment jamais seule les seuils réglementaires : la concentration résiduelle à T_cond reste presque toujours supérieure à la VLE.
C'est pourquoi la condensation s'inscrit le plus souvent dans une chaîne de traitement : un groupe froid récupère 70 à 95 % du solvant et le reste est traité par un polissage aval, charbon actif ou oxydation. Le calcul économique se fait alors sur l'ensemble de la chaîne (CAPEX + OPEX des deux étages, moins la valeur du solvant), pas sur la condensation seule.
Pour bien arbitrer entre condensation seule, condensation + polissage, charbon actif seul, oxydation directe ou rotor concentrateur, une étude technico-économique multi-technologies est nécessaire. C'est ce que nous faisons en mission, en toute indépendance vis-à-vis des fournisseurs d'équipements.
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